Intégrité
La protection de l’intégrité physique et du domicile est un droit fondamental. L’Article 0 rappelle que nul ne doit craindre de devenir coupable en se défendant contre une agression.
Proposition citoyenne

Cette page est une initiative citoyenne visant à clarifier la légitime défense et à mieux protéger les victimes. Sans affiliation politique.
En France, la légitime défense est encadrée par la notion de proportionnalité.
Mais de nombreux cas montrent que les victimes peuvent se retrouver traitées comme suspectes après avoir tenté de se protéger. L’Article 0, proposition citoyenne, vise à compléter la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789 (DDHC) pour clarifier ce droit fondamental et mieux protéger les citoyens.
Depuis 1789, la DDHC fonde nos libertés. Pourtant, dans notre société actuelle, un paradoxe persiste :
L’Article 0 propose d’établir un socle clair et protecteur — non pas une impunité, mais une présomption constitutionnelle en faveur de la victime :
Toute personne qui défend son intégrité physique, celle d’autrui ou son domicile face à une atteinte injustifiée, actuelle ou imminente, est présumée agir en état de défense légitime.
Cette présomption ne peut être écartée qu’en cas d’absence d’atteinte injustifiée, de provocation délibérée ou de disproportion manifeste révélant une volonté punitive — notamment lorsque l’atteinte a cessé ou que l’auteur de l’agression est déjà neutralisé.
Ces situations peuvent inverser la logique attendue : la victime peut être traitée comme suspecte, alors que l’agresseur invoque parfois des règles qu’il a lui-même bafouées.
La Déclaration de 1789 a posé les bases de l’égalité et de la liberté.
Mais la société a changé, et il est temps d’y intégrer une évidence moderne :
👉 Lire la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen sur Légifrance
| Situation | Sans Article 0 | Avec Article 0 |
|---|---|---|
| Un passant agressé dans la rue | Risque d’être poursuivi si sa riposte est jugée « excessive ». | Sa défense est présumée légitime ; seule une volonté punitive manifeste, étrangère à la défense, permettrait d’écarter la présomption. |
| Une famille repoussant un cambrioleur | Peut être convoquée au tribunal si le cambrioleur est blessé. | La présomption joue en faveur des occupants ; l’intrus ne devrait pas pouvoir tirer avantage juridique du dommage subi lors de son intrusion. |
| Un commerçant attaqué dans sa boutique | Peut être condamné pour avoir « dépassé la proportionnalité ». | Sa réaction est présumée défensive ; la charge de prouver l’inverse pèse sur l’accusation, et non sur la victime. |
| Un citoyen menacé chez lui | Doit prouver qu’il n’a pas utilisé une force excessive pour repousser l’intrus. | La présomption renforcée le couvre, sauf preuve d’absence d’agression ou de provocation délibérée. |
Le droit actuel reconnaît déjà la légitime défense à l’article 122-5 du Code pénal : l’acte défensif doit être accompli face à une atteinte injustifiée, dans le même temps, par nécessité, sans disproportion entre les moyens employés et la gravité de l’atteinte.
L’article 122-6 du Code pénal prévoit aussi une présomption de légitime défense dans certains cas précis, notamment pour repousser de nuit une entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité.
L’Article 0 ne prétend donc pas inventer la légitime défense. Il propose de changer son centre de gravité :
Alinéa 1er. Toute personne qui défend son intégrité physique, celle d’autrui ou son domicile face à une atteinte injustifiée, actuelle ou imminente, est présumée agir en état de défense légitime.
Alinéa 2. Cette présomption ne peut être écartée que dans les cas suivants :
1° absence d’atteinte injustifiée ;
2° provocation délibérée ayant créé la situation de défense ;
3° disproportion manifeste révélant une volonté punitive, notamment lorsque l’atteinte a cessé ou que l’auteur de l’agression est déjà neutralisé.
L’Article 0 trace un horizon constitutionnel. Mais en attendant l’évolution profonde qu’il appelle, une étape immédiate existe par voie législative ordinaire : étendre la présomption de légitime défense de l’article 122-6 du Code pénal.
Concrètement :
Cette voie de court terme ne se substitue pas au débat de fond porté par l’Article 0 : elle en constitue la première marche concrète.
1) L’Article 0 supprime-t-il tout contrôle judiciaire ? Non. Il instaure une présomption renforcée en faveur de la victime, qui peut être écartée en cas d’absence d’atteinte injustifiée, de provocation délibérée ou de volonté punitive manifeste. L’Article 0 n’est pas une impunité : c’est un déplacement de la charge de la preuve. En cas de blessure grave ou mortelle, un contrôle judiciaire reste nécessaire pour vérifier que l’atteinte était actuelle ou imminente et que la riposte n’était pas punitive.
2) Qu’en est-il de la proportionnalité ? L’Article 0 ne supprime pas tout contrôle, mais inverse la logique : la présomption joue en faveur de la victime, et seule une disproportion manifeste révélant une volonté punitive étrangère à la défense permet de l’écarter. La sidération et l’urgence inhérentes à toute agression cessent d’être tenues contre la personne agressée.
3) Que signifie « atteinte injustifiée, actuelle ou imminente » ? Il s’agit d’une atteinte physique ou d’une menace grave et crédible contre une personne, ainsi que d’une intrusion portant atteinte au domicile. Une insulte, un conflit verbal ou une simple crainte abstraite ne suffisent pas.
4) Est-ce une proposition partisane ? Non. C’est une initiative citoyenne, ouverte au débat public, sans affiliation partisane.
5) Cela s’applique-t-il uniquement au domicile ? Non. Le texte proposé couvre l’intégrité physique, la défense d’autrui et le domicile. La voie pragmatique de court terme propose aussi d’étendre la présomption au véhicule occupé et au lieu de travail.
Cette proposition citoyenne vise à enrichir le débat public sur la légitime défense, la protection des victimes et l’évolution constitutionnelle en France, sans affiliation politique.
⚖️ L’Article 0 est proposé comme une clarification universelle, afin que la DDHC 1789 continue d’évoluer pour protéger tous les citoyens.
Ces liens servent de repères pour le débat public et ne constituent pas une consultation juridique :